Assemblées générales en Suisse: La contestation persiste
24.07.2012
L'opposition exprimée aux assemblées générales en Suisse s'est légèrement accrue en 2012. Les propositions les plus contestées restent toujours les rémunérations et les augmentations de capital, notamment chez UBS qui a vu l'augmentation de son capital conditionnel sèchement refusée.
Comme l'a clairement montré la saison des assemblées générales qui s'achève, les actionnaires se réveillent aussi en Suisse. Les propositions du conseil d'administration qui, par le passé, faisaient souvent l'objet d'une approbation à 99%, ont donné lieu à de vives critiques et à une opposition significative.
Au premier semestre 2012, les actionnaires ont pu se prononcer sur un total de 930 résolutions lors de 93 assemblées générales parmi les cent plus grandes sociétés cotées en Suisse. En moyenne, ces propositions du conseil d'administration ont été approuvées par 95% des actionnaires: le taux d'approbation reste ainsi à un niveau comparable à l'an dernier.
Principal problème: Les rémunérations
Comme prévu, les conseils d'administration ont rencontré de vives résistances au sujet des rémunérations dont le taux moyen d'approbation n'a pas dépassé 85%. Si la contestation progresse légèrement par rapport à l'an dernier, les actionnaires ont été particulièrement sévères avec les rapports de rémunération des deux grandes banques UBS et Credit Suisse.
Non aux chèques en blanc
Les augmentations de capital ont également été sous le feu des critiques (87% d'approbation moyenne seulement). En effet, nombre d'investisseurs institutionnels ne sont pas disposés à donner carte blanche au conseil d‘administration pour une augmentation de capital qui comporte des risques importants de dilution pour les actionnaires existants. Ainsi, les actionnaires d'UBS et de Weatherford International ont même refusé les demandes d'augmentation de capital conditionnel ou autorisé.
«Say on Pay» en progrès
Ces dernières années, Ethos a convaincu de nombreuses sociétés de l'utilité du vote consultatif sur les rémunérations. En 2012, cinquante des cent plus grandes sociétés cotées en Suisse ont proposé un tel vote, ce qui est un progrès par rapport aux 44 de 2011. On constate néanmoins que la moitié des entreprises refusent toujours de se soumettre à cet exercice d'autorégulation. A terme, la loi les y contraindra car, tant l'initiative populaire «contre les rémunérations abusives» que le contre-projet du Parlement prévoient un vote obligatoire sur les rémunérations.
Ethos publie ses recommandations de vote 2 jours avant chaque assemblée générale de société suisse. Ethos publie également des rapports trimestriels détaillés d'exécution de vote. www.ethosfund.ch/vote